Poussettes, porte-bébés et pressions imposées au nourrisson...

Introduction

L’Europe semble accueillir la plupart des pédiatres qui recommandent que les nouveau-nés et nourrissons soient allongés à plat sur leur dos dans une poussette et non portés afin d’éviter toute pression sur leur corps encore trop peu développé. Pourtant, allonger seul un nourrisson sur le dos dans une poussette est en réalité éprouvant, que ce soit physiquement ou émotionnellement, et peut s’avérer être un frein au bon développement de l’enfant. Porter en position verticale en soutenant les jambes de façon adéquate est non seulement sensé du point de vue de la croissance mais est souvent préférable pour les mères comme pour les bébés. Porter en position verticale permet d’optimiser la croissance physique, émotionnelle et intellectuelle de votre bébé.


Le développement de la colonne vertébrale du nourrisson

Notre colonne vertébrale n’est pas parfaitement droite, même si cela peut sembler être le cas si l’on regarde de face ou de dos. Lorsque vous observez une personne de profil, quatre légères courbes sont visibles, formant un « S » allongé. Ces courbes nous permettent de rester flexible et en équilibre. Elles permettent également d’absorber les pressions que certaines activités quotidiennes telles la marche, la course ou le saut imposent à nos corps.

Nous ne sommes pas nés avec ces courbes. Les courbes normales de la colonne vertébrale se développent graduellement comme un moyen de s’adapter à la gravité. A la naissance, les bébés sont en position de flexion, encore recroquevillés, leur colonne vertébrale formant une courbe naturelle tel un long « C » (convexe). Au début, un bébé n’a ni la force de tenir sa tête droite, ni la stabilité apportée par les courbes de la colonne vertébrale pour y arriver. Néanmoins, à mesure que les muscles de son cou se renforcent, il commence à soulever sa lourde tête contre la gravité. Une courbe se développe alors dans son cou (la courbe cervicale), l’aidant à stabiliser sa tête. Lorsque votre bébé commence à ramper et à se déplacer à quatre pattes, le bas du dos (la courbe lombaire) et les muscles qui le supportent se développent. Ce n’est que vers son premier anniversaire que votre bébé aura toutes ces courbes sur sa colonne vertébrale (Leveau, 1877).

A la naissance : La colonne vertébrale d’un nouveau-né a la forme d’un “C” (une courbe convexe).
Il n’a ni les courbes de stabilisation ni la force lui permettant de tenir sa tête droite.
Les premiers mois : A mesure que votre nourrisson travaille contre la gravité, ses muscles commencent à se développer.
Des muscles du cou solides permettent au nourrisson de soutenir sa lourde tête, formant ainsi la courbe du cou (cervicale) de la colonne vertébrale.
De six mois à un an : Lorsqu’un nourrisson apprend à ramper et à se lever, la courbe du bas du dos (lombaire) et ses muscles se développent afin qu’il puisse se tenir debout.
Ce n’est que lorsqu’il s’éloigne de vous en marchant par ses propres moyens que toutes ses courbes sont développées.


Les pressions causées par l’allongement à plat

Allonger votre nourrisson à plat sur son dos étire la courbe en « C » de sa colonne jusqu’à ce qu’elle soit une ligne droite, allant à l’encontre de sa forme naturelle. Les études démontrent que garder la colonne d’un nourrisson droite n’est pas une position physiologique saine. En plus d’imposer une pression sur la colonne de votre bébé, cela peut également avoir une influence négative sur les articulations des hanches de votre bébé (Kirkilionis, 2002)


Allonger horizontalement cause des déformations physiques

Non seulement il est mauvais pour les hanches de passer la plupart de la journée allongé à plat sur le dos mais en plus les nourrissons qui sont fréquemment allongés sur le dos dans une poussette peuvent être amenés à développer une plagiocéphalie (crânes déformés, aplatis sur l’arrière ou sur le côté). Ils peuvent aussi souffrir d’un manque de tonicité musculaire et d’un corps déformé (Bonnet, 1998). Les études menées par l’Académie Américaine de Pédiatrie affirme qu’avec « l’immobilisation prolongée sur un matelas ferme ou un lit plat (comme dans une poussette), l’influence constante de la gravité aplatit la surface du corps contre le matelas, causant des troubles positionnels et une tonicité musculaire réduite chez les nourrissons » (Short, 1996).

Plagiocéphalie chez un nourrisson ensuite corrigée par le port d’un casque permettant de reformer sa tête. Ce bébé est allongé à plat sur le dos. Cela peut causer une pression sur son crâne, réduire sa tonicité musculaire et être dommageable à ses petites hanches et sa colonne.


Une existence dans des dispositifs visant à les contenir


Parfois, utiliser le siège auto hors de la voiture peut nous libérer les mains et nous permettre d’avoir une paire de mains supplémentaire. Pourtant ces sièges sont un frein du point de vue de la croissance des bébés.

Cela ne signifie pas qu’être allongé à plat dans une poussette pour quelques promenades autour du pâté de maison va causer des ravages dans le développement de votre bébé. Mais la vérité est que le nourrisson occidental moyen âgé d’entre trois semaines et trois mois est porté à peine plus de deux heures et demie par jour (Heller, 118). Nous en venons à porter le bébé à la voiture dans une boîte, à lui faire traverser le magasin dans une boîte, à lui donner son repas dans une boîte, de retour à la voiture dans une boîte et à la maison dans une boîte. Parfois même, de là, on le dépose directement sur la balancelle où le siège s’adapte directement, le tout sans même toucher le bébé, afin que nous puissions préparer le dîner, puis dans son transat pendant que nous mangeons, et peu de temps après à dormir dans un berceau. L’Occident s’est éloigné d’une éternité à élever des enfants et en est arrivé à un point où les objets définissent l’existence de notre bébé bien plus que nos corps.


« Enlever un nouveau-né à sa mère pour le mettre sur le dos ou sur le ventre sur une surface plane, souvent sans couverture, montre l’absence de compréhension du grand besoin d’un nouveau-né à être enveloppé, soutenu, bercé et couvert de tous côtés, et du fait qu’un nourrisson ne doit faire la découverte du monde des espaces plus ouverts que de façon graduelle. C’est grâce au soutien et à la présence continue de sa mère que le nourrisson s’engagera progressivement dans le monde extérieur. » (Montagu, 294) * Veuillez noter que l’auteur ne veut pas sous-entendre qu’un porte-bébé devrait remplacer votre siège auto pour le transport en voiture. Ne jamais conduire ou porter votre bébé en porte-bébé dans un véhicule en déplacement.


La position fœtale

Il est presque impossible d’étendre un nouveau-né à moins qu’il ne soit enveloppé ou emmailloté. Lorsque vous posez un nourrisson à plat sur le dos, ses cuisses remontent généralement vers sa poitrine (Schon, 2007) ou, pendant son sommeil, elles sont écartées et repliées dans une position semblable à une grenouille. « La position fœtale, la position naturelle pour les bébés, est la plus apaisante, celle qui offre la meilleure capacité d’adaptation.

Les nourrissons utilisent moins d’oxygène ce qui leur permet de conserver leur énergie et de perdre moins de calories. Ils digèrent mieux leur nourriture. C’est également la meilleure position pour la thermorégulation car elle réduit l’exposition du ventre. En outre, nous avons aussi plus de cellules régulant efficacement la température et plus de graisse à l’arrière de nos corps. Lorsque nous tenons nos nourrissons ventre à ventre, nous protégeons tous les organes récepteurs et vitaux » (Montagu, 1986).

La position instinctive des jambes repliées et écartées qu’un nourrisson garde lorsqu’il est pris à bras, accompagné du réflexe cutané plantaire qui aide un nourrisson à s’accrocher à sa mère, suggèrent que les petits corps des nourrissons sont faits pour être portés verticalement et orientés vers leur mère.

Les bébés devraient être portés dans la position fléchie qu’ils adoptent naturellement. Il est pratiquement impossible d’étendre un nouveau-né. En tenant votre bébé avec ses genoux replies tout contre votre poitrine et en soutenant ses fesses, vous portez votre bébé dans la position naturelle que son corps adopte instinctivement afin de s’assurer qu’il soit confortable, au chaud et en sécurité.

Le problème des sièges auto

Ce bébé apprécie une sieste dehors près des pivoines. Bien que le siège auto soutienne sa colonne ainsi que sa tête et son cou pendant qu’il dort, lorsqu’il est réveillé les sangles l’empêchent de travailler ses muscles et de tenir sa propre tête droite. De nombreux bébés passent la plupart de leurs heures d’éveil dans de tels sièges restrictifs.

Si la poussette permer de garder le bébé dans une position quelque peu droite (comme dans un siège auto pour nourrisson), elle est plus délicate pour la colonne en forme de « C » du bébé puisqu’elle ne la force pas à s’aplatir. Mais les sièges auto ne sont pas la bien meilleure option pour transporter votre petit.

Une étude menée par l’Association Internationale de Chiropratique Pédiatrique démontre que les sièges auto ne sont pas le moyen de transport idéal pour votre nourrisson lorsqu’il n’est pas en voiture, ceci dû aux « options de posture restreintes qui peuvent avoir un impact sur le développement du crâne et de la colonne de votre bébé » (International Chiropractic Pediatric Association).

A force de garder la colonne dans une configuration en forme de « C », ces dispositifs peuvent en réalité empêcher et freiner la formation des courbes naturelles.
Les bébés peuvent rencontrer des difficultés à aquérir la force musculaire nécessaire pour tenir leur grosse tête droite s’ils n’ont pas assez l’opportunité d’appréhender la gravité.

Le développement physique positif

Ce bébé bouge avec sa mère.

Quand les nourrissons sont tenus verticalement, ils ont la possibilité de pratiquer des mouvements compensateurs, augmentant qinsi leur force musculaire et permettant plus de contrôle de leurs capacités de motricité fine.
Lorsque la mère marche, s’arrête ou se tourne, le corps du nourrisson travaille naturellement contre la force de la gravité afin de maintenir sa position.
La force de la gravité est un élément positif du développement du nourrisson puisqu’elle lui permet d’apprendre tôt à tenir sa tête droite et à garder son corps accroché à sa mère et en équilibre.

Les discordes quant au portage en vertical

Alors pourquoi certains continuent de prétendre que la position horizontale est meilleure pour votre nourrisson ? Les arguments physiologiques expliquant qu’un bébé devrait être transporté dans une position horizontale les premiers mois de sa vie semblent provenir de l’hypothèse selon laquelle la position verticale pourrait causer des pressions sur sa colonne et son pelvis peu développés.

Bien que certains pédiatres soient partisans de l’éducation naturelle, nombreux n’ont pas d’expérience pratique avec les porte-bébés. Il se peut qu’ils connaissent les porte-bébés verticaux des années 80 et 90, avec le manque typique de soutien pour la tête et le cou, les ouvertures pour les jambes trop serrées ou irritantes, ressemblant à un harnais de parachute sans le moindre support pour les jambes. Peut-être ont-ils vu tant de bébés étant portés verticalement face au monde qu’ils assument que tous les moyens de portage vertical ne maintiennent pas.



Ce bébé s’appuie contre son père afin de trouver un soutien supplémentaire. Bien que cela le stabilise, passer la journée dans cette position est loin d’être idéal.

L’image ci-contre représente peut-être le porte bébé que beaucoup de docteurs s’imaginent et classent comme dangereux et nuisible car non physiologique. Quels que soient les moyens de portage utilisés, écharpe, sling, mei-tai ou porte-bébé souple, porter bébé vers l’extérieur ne fournit pas le soutien adéquat des jambes, ce qui peut avoir pour effet de faire pivoter son pelvis vers l’arrière et de le placer dans une dangereuse « position de dos creux ». En ne faisant pas face à l’adulte porteur et en faisant face au monde, son centre de gravité est absent. La pression est mise sur les épaules du bébé ainsi que sur sa poitrine, forçant souvent els épaules à se rétracter et le dos à se creuser encore plus. Faire face au monde est une position non physiologique qui impose une pression sur l’’intérieur des cuisses du bébé et le bas de la colone. Porter verticalement vers le monde est éprouvant pour le bébé.

La large partie basse du porte bébé ci-dessus pourrait fournir un soutien naturel de la colonne (en maintenant la forme naturelle convexe en « C ») si le bébé faisait face à son père et que ses fesses étaient en position assise. Au contraire, la colonne du bébé est redressé et souvent hyperétendue (de façon concave, le dos creux) à cause de faibles muscles abdominaux et un manque de soutien des jambes.

Bien que le bébé gagne à être porté proche de sa mère, en faisant face au monde dans cette position il n’y a aucun soutien des jambes, un soutien inadéquat de la colonne et des hanches et aucun soutien de la tête et du cou si le bébé s’endort.

Sans aucun soutien des jambes et face au monde, ce bébé est en position instable, ce qui le force à adopter une position de dos creux (montré par la ligne rouge) afin de compenser. Lorsqu’un nourrisson est porté, il devrait faire face à sa mère. Idéalement le tissu du porte-bébé devrait être étiré jusqu’à l’arrière du genou (ou être équipé de cale-pieds) ce qui permet une position appropriée du pelvis et de la colonne.

L’emmaillotage des jambes du nourrisson lié à la dysplaxie des hanches

Bien qu’il y ait une myriade de bienfaits psychologiques, émotionnels et physiologiques associés au type d’emmaillotage qu’utilisent les Navajos, il existe des preuves manifestes du fait qu’emmailloter les jambes de façon à ce qu’elles soient attachées ensemble et incapables de se plier au niveau du genou ou de la hanche soit à l’origine de malformations de la hanche (Crisholm, 1983). Dans le cas des Navajos, la pression sur les hanches du nourrisson n’était pas causée par la position verticale mais pas un maintien des jambes en position indadéquate, par l’impossibilité pour les jambes de s’écarter ou pour les genoux de se plier librement (Van Sleuen, 2007).

Les bébés aiment se sentir contenus et entourés mais étirer leurs jambes va à l’encontre de la position instinctive des jambes ouvertes et repliées. Ce bébé est emmailloté de façon à ce que ses jambes soient lâchement enveloppées et non pas forcées à s’étendre.

En empêchant le haut du fémur de se caler dans l’articulation, cette dernière se développe souvent incorrectement, causant une Dysplaxie Développementale de la Hanche ou DDH (Crisholm, 1983).

Porter une jeune nourrisson à l’horizontal avec les jambes rapprochées dans un moyen de portage (tels sling ou écharpe) fournit un soutien adéquat pour la colonne mais ce n’est pas la position optimale pour le développement si utilisée de façon prolongée. Ceci est d’autant plus vrai si le nourrisson souffre de dysplaxie congénitale.

L’Académie Américaine de Pédiatrie a publié une recherche sur l’emmaillotage menée par Van Sleuen en 2007 qui réaffirme que les jambes du nourrisson ne devraient pas être emmaillotées trop serrées.
En 1965, l’incidence de la DDH était élevée au Japon où l’usage d’une couche d’emmaillotage était répandu parmi la population. Le principe de la couche d’emmaillotage était de garder les hanches rapprochées. Huit ans plus tard, en 1973, les docteurs japonais commencèrent à conseiller aux mres d’éviter « l’étirement proongé des hanches et des genoux des nourrissons pendant les premiers temps suivant la naissance ».
Peu de temps après les experts ont rapporté une réduction notable du taux de DDH chez les nourrissons (Van Sleuen, 2007).
En 2012, l’Institut International de la Dysplaxie de la Hanche a publié de nouvelles informations suggérant aux parents d’éviter l’utilisation de porte-bébé qui forcent les jambes à rester attachées l’une à l’autre.

La mauvaise position du dos creux causée par le manque de soutien des jambes de certains moyens de portage

L’utilisation par les peuples indigènes de poches kangourou qui soutiennent insuffisamment les jambes et forcent les épaules à se rétracter met la colonne dans une position compromettante de « dos creux » ou d’hyperallongement. Avec des jambes non soutenues et de très faibles muscles abdominaux, le pelvis du nourrisson pivote vers l’arrière et son dos est hyperallongé. La pression produite par chaque pas que prend sa mère est alors absorbé par la colonne hyperallongée du nourrisson. C’est éprouvant pour lui.



Un bébé amérindien dans une poche kangourou. Ses jambes sont étirées dans une position non physiologique ce qui peut avoir pour effet de lui faire cambrer le dos. Restreindre ses mouvements peut affecter le développement de ses hanches.

L’apparition du spondylolisthésis, le glissement d’une vertèbre afin de compenser les presions répétées (généralement sur une colonne hyperallongée) est un phénomène relativement commun chez les gymnastes et les haltérophiles. Son taux est aussi inhabituellement élevé chez les populations indigènes Athabascanes dont près de la moitié en est affectée.

Yochum et Rowe suggèrent que le choix des indigènes Athabascans de porter leurs nourrissons dans une poche kangourou puisse expliquer la fréquence élevée de spondylolisthésis (isthmique) parmi leur population. Puisque personne ne naît en souffrant de spondylolisthésis, Yochum et Rowe rejette tout élément génétique comme étant à son origine. Plutôt ils désignent la poche kangourou (un moyen de portage non physiologique) comme étant une explication plus favorable quant à la cause de la maladie (Wong, 2004).

Bien que différents en apparence, ni les porte-bébés modernes qui ne soutiennent pas les jambes du nourrisson (en position haute, fléchies et orientées vers le porteur), ni les porte-bébés face au monde avec des ouvertures pour les jambes, ne sont meilleurs pour le dévéloppement qu’une poche kangourou puisque ces porte-bébés poussent les épaules à se rétracter et créent la position éprouvante du « dos creux ». Sans soutien adéquat des jambes, les poches kangourou, berceaux de portage et autres porte-bébés face au monde avec des ouvertures pour les jambes sont tous très similairs, immobilisant les épaules vers l’arrière et imposant une pression sur la base de la colonne.

Soutenir les jambes

Un porte-bébé vertical qui soutient les jambes de la même façon qu’une mère le ferait en portant un bébé dans ses bras n’a pas de mauvais impact sur la colonne ou les hanches d’un bébé (Kirkilionis, 2002). Lorsque les jambes d’un nourrisson sont fléchies et écartées, la position instinctive que son petit corps adopte quand on le prend à bras, le haut de son fémur (l’os de la cuisse) occupe complètement l’articulation de la hanche (acétabulum). Celle-ci est utilisée de façon plus homogène lorsque les jambes sont levées à un angle d’environ 100 degrés et écartées d’à peu près 40 degrés en même temps (Kirkilionis, 2002). On ne rencontre pas de cas de DDH lorsque les jambes du nourrisson sont soutenues. En réalité c’est la position que les docteurs préconisent en guise de traitement pour les bébés souffrant de dysplaxie de la hanche.



Le tissu que la mère a noué correctement soutient la colonne arrondie de son bébé. Celui-ci est en position assise et les cuisses sont relevées au niveau des hanches.

De façon plutôt intéressante, le portage des nourrissons est habituel parmi la population inuite Netsilik. Les mères Netsilik n’utilisent pas de poche kangourou mais un amautis, un parka inuit pour femmes. Les bébés adoptent une position assise avec les jambes écartées sur le dos de leur mère et à l’intérieur de son manteau (Montagu, 1986). Aucune étude n’a indiqué de cas de DDH ou de spondylolisthésis dans cette partie de la population inuite du nord qui porte leurs bébés. Leurs hanches et leur colonne se développent normalement.

Une mère qui utilise soit ses bras soit un simple morceau de tissu maintient les jambes de son bébé dans une position fléchie (avec les genoux pliés) et surélevées (éloignées de la ligne médiane), ce qui soutient de ce fait les hanches et la colonne. Au lieu d’un morceau d’étoffe à l’entrejambe qui n’offre aucun soutien des jambes, ou de l’emmaillotage des jambes qui est trop restrictif, les porte-bébés ergonomiques gardent le bébé dans une position qui soutient les jambes aussi bien que les bras d’une mère le feraient. La position de flexion et d’élévation est celle que les nourrissons sont programmés à adopter lorsqu’on les prend (Schon, 2007).
C’était l’effet voulu par la nature, que les jambes s’installent autour des hanches, du dos ou du torse de la mère avec les genoux pliés dans une position assise.

Il faut que le tissu soit étiré jusqu’à l’arrière des genoux, offrant un soutien des jambes adéquat. Les jambes devraient qu moins être élevées au niveau des hanches pour une position optimal et un développement correct des hanches.

Pour un enfant apprenant à marcher, les cale-pieds offrent aux jambes fatiguées un endroit pour se reposer et empêche le tissu de s’enfoncer dans l’arrière de la jambe. Avec ses cuisses levées au niveau de la hanche, son dos s’arrondit naturellement et il en résulte que la pression sur le pelvis et le bas du dos est levée.

Les bras d’une mère soutiennent les fesses et les jambes du bébé. Par conséquent cela supprime la pression imposée à la colonne et le poids du bébé est distribué de façon homogène dans une position ergonomique. Ce bébé est complètement soutenu. Une position correcte de la colonne, une orientation vers la mère, un soutien adéquat des jambes ainsi que de la tête et du cou pendant son sommeil. Puisque l’on ne peut pas ajuster la largeur du siège d’un porte-bébé souple, les cale-pieds offrent un soutien plus complet des jambes pour les bébés plus âgés qui veulent toujours être portés.

Améliorer la respiration

Les adeptes du positionnement à l’horizontal pendant la toute petite enfance peuvent s’inquiéter de savoir si le nourrisson reçoit effectivement la quantité adéquate d’oxygène lorsqu’ils sont portés comparé à lorsqu’ils sont dans une poussette. Selon Dr Maria Blois, les bébés prématurés placés dans une position verticale sur lapoitrine de leur mère ont de meilleures constantes respiratoires et sont plus réguliers que dans un incubateur. Blois rapporte égalemet « moins d’épisodes d’apnée du sommeil (arrêt temporaire de la respiration) et de bradycardie (ralentissement du rythme cardiaque). Les taux d’oxygène transcutané ne diminuent pas, ce qui indique que la saturation en oxygène n’est pas compromise ». Ces études ont été effectuées sur des bébés prématurés dont certains ne pesaient qu’à peine 1,5kg et qui étaient placés verticalement sur la poitrine de leur mère.

La meilleure position pour ces tout petits bébés de 1,5kg est verticalement, généralement maintenus par un morceau de tissu. Ils se développent bien sur la poitrine de leur mère et pourraient presque quitter l’hôpital plus tôt que les petits prématurés que l’on a laissés dans des incubateurs (Blois, 72). Si la position verticale est la meilleure pour un prématuré de 1,5 kg, cela ne ferait aucun sens que ça puisse être une mauvaise chose pour un nouveau-né.


Prévenir les otites

Non seulement allonger votre bébé horizontalement est une mauvaise idée pour sa colonne, ses hanches et son crâne, c’est aussi un facteur majeur qui contribue à l’apparition d’otite chez les nourrissons. L’intrusion de contenus de reflux gastrique dans le tympan cause des otites. Le Reflux Gastro Oesophagien ou RGO est relativement répandu chez les nourrissons dont les sphincters ont tendance à prendre du temps pour se fermer complètement.

On conseille aux parents de nourrissons diagnostiqués avec un RGO de porter leur enfant à la verticale afin d’atténuer les symptômes. Lorsque les nourrissons sont placés en position horizontal, non seulement les symptômes sont exacerbés, mais les fluides gastriques peuvent plus facilement pénétrer les trompes d’Eustache encore immatures, rendant plus probable le passage du reflux de la gorge vers le tympan. Il peut se produire la même chose lorsqe l’on nourrit au biberon un nourrisson en position allongée et non légèrement penché puisque le lait peut pénétrer le tympan. Pencher légèrement à la verticale empêche le lait d’entrer dans le tympan.

L’accumulation dans la trompe d’Eustache peut causer une inflammation et permettre aux bactéries de se développer, menant ainsi à une infection. Porter votre bébé à la verticale peut en réalité être une mesure préventive contre les otites et peut soulager les symptômes dûs au RGO (Schon, 2007).

La mise au point de l’équilibre

Un autre avantage de porter votre bébé est que les bébés portés reçoivent une grande stimulation vestibulaire alors que ce n’est pas le cas des bébés allongés. Notre système vestibulaire nous aide avec notre sens de l’équilibre et le fait d’être à l’aise dans notre espace. Lorsqu’une mère porte son bébé, le bébé fait des allées et venues au rythme de la marche de sa mère et bouge de droite à gauche quand elle oscille et se balance.

Les Indiens d’Amérique se sentent typiquement à l’aise dans leur espace et sont en réalité connus pour leur facilité à appréhender les hauteurs. Ils n’ont apparemment que peu de difficultés à nettoyer les vitres des gratte-ciels.La plupart des bébés indiens d’Amérique élevés de façon traditionnelle sont emmaillotés ou passent la plus grande partie de leur toute petite enfance dans des berceaux de portage ou sur les hanches de leur mère, ce qui conduit à un développement vestibulaire accrû.

Il se peut que Maman s’arrête, tourne pour attraper quelque chose ou qu’elle bouge de façon plus douce et délicate. Ces mouvements variés force son bébé à réagir de façon approprié afin de garder son équilibre.
Tous ces mouvements mettent au point le système vestibulaire de son bébé.

Quand il est promené en poussette, le mouvement est soit en avant, soit en arrière, toujours de façon plate et peu variée. Lorsqu’il passe des bras de sa mère où il est porté en vertical à la position allongée horizontale où il n’est plus soutenu, un bébé peut soudainement avoir des mouvements aléatoires et battre l’air avec ses bras et ses jambes comme s’il essayait de se sauver d’une chute.
Cela s’appelle le réflexe de Moro. Il s’agit du réflexe archaïque de défense du bébé qui sera remplacé dans la vie adulte par la réaction de sursaut.

Porter, bercer et balancer un nourrisson stimule son appareil vestibulaire et lui permet de se sentir en sécurité dans son espace.
La plupart des bébés d’aujourd’hui passe la plus grande partie de leur journée séparés de leur mère dans un dispositif qui les contient ou dans une poussette, le laissant sujet au vertige et à un sentiment d’insécurité physique dans l’espace en général.
De façon assez intéressante, la peur de voler ou la peur des hauteurs qui tourmentent de nombreux adultes aujourd’hui peut souvent trouver sa source dans le fait de ne pas avoir été portés quand ils étaient nourrissons.
Les bébés portés se sentent en sécurité et ont moins tendance à développer des phobies liées à l’espace (Montagu, 1986).

Toujours en apprentissage

Les bébés ont de bonnes raisons de se sentir en sécurité. Ils ont besoin d’être en contact proche avec leur mère. Ils rigolent et gazouillent tout en buvant toutes nos expressions. A la verticale sur leur mère, ils peuvent voir le monde librement depuis un endroit sûr et peuvent tout apprendre sur ce qui les entoure à leur propre rythme. Non seulement les bébés sont physiquement dans une meilleure position en verticale mais ils sont aussi plus heureux et plus calmes lorsqu’ils sont portés. Dans son livre « The Vital Touch », Dr Sharon Heller affirme :

« Plus les bébés passent de temps à la verticale, plus ils passent de temps alertes et calmes. Même les nouveaux-nés, qui passent la plupart de leur temps à dormir, cessent de pleurer et s’animent lorsqu’on les prend pour les mettre sur notre épaule. De façon intéressante, il y a un rapport entre combien un nouveau-né est alerte et l’environnement dans lequel il se trouve. Il est moins alerte installé dans un siège auto que verticalement à bras … Il est parfaitement logique de classer la position verticale comme étant optimale pour les nourrissons. Réfléchissez à combien de temps nos nourrissons passent allongés à l’horizontal sur leur dos dans un berceau ou une poussette. Cela pourrait-il affecter leur vivacité d’esprit ? Il y a de grandes chances … Les chercheurs ont découvert que les nourrissons trop jeune pour s’asseoir indépendamment apprennent plus quand ils sont placés en position verticale. » (Heller, 94).


Stimuler les sens

Quel environnement incroyablement stimulant. Non seulement un nourrisson peut faire la connaissance du monde autour de lui grâce à toutes les choses qu’il voit mais qui plus est il est ouvert à cette idée. C’est lorsqu’un nourrisson est calme mais alerte que son être peut s’empreindre de toutes ces informations. Il découvre le monde et y trouve sa place.



Traverser la journée en mouvement et faire l’expérience de la vie ensemble.

« Notre corps est une corne d’abondance sensuel où se mêlent les savoirs, les arômes et les rires au milieu d’une ondulation de caresses qui mettent le monde sensoriel entier au bout des doigts de notre bébé. Notre bébé reçoit une stimulation tactile ou cutanée de notre peau qui touche la sienne et expérimente la proprioception grâce à la pression de ses membres fléchis contre notre corps.

Si nous l’allaitons, il reçoit une stimulation tactile et notre lait lui procure une stimulation olfactive et gustative. Il reçoit également une stimulation vestibulaire grâce à la délicatesse de nos mouvements et lorsqu’il est tenu à la verticale grâce à ses efforts pour tenir sa tête et la maintenir en équilibre.
Il est stimulé visuellement lorsqu’il regarde autour de lui, reçoit des impulsions auditives quand on lui murmure gentimment à l’oreille et une stimulation kinesthétique lorsqu’on le fait passer d’un côté à l’autre …

Lorsqu’on pose nos bébés dans un appareil visant à les contenir, surtout s’ils sont hors de vue, toute cette nourriture sensorielle est perdue. » (Heller, 112).

Une régulation plus facile du système

Le corps d’un nourrisson a physiquement besoin de la présence de sa mère afin de lui permettre de réguler son propre corps.

La relation mère / nourrisson fournit en réalité la régulation physiologique du système autonome du nourrisson. Une étude de 1992 montre que lorsqu’on éloigne un nourrisson de sa mère, il subit une « baisse du rythme cardiaque et de la température, des troubles du sommeil et des changements au niveau de l’activité du cerveau ».
Cela représente un affaiblissement du processus de régulation de son propre petit corps (Archer, 1992).

Quand il est séparé de sa mère, le système immunitaire d’un bébé s’affaiblit. Son corps arrête tout bonnement de produire autant de leucocytes. Mais quand sa mère le rejoint, il se renfore à nouveau (Montagu, 1986).

Les origines de la désinformation

Avec toutes les études et les avantages physiques évidents à porter un bébé verticalement sur la poitrine de sa mère, il est difficile de comprendre l’ambivalence, voir le pur mépris d’un pédiatre pour ses patients qui font ce choix. Peut-être leur raison de ne pas supporter le portage est-elle de décourager la mère de « gâter » leur bébé ou d’empêcher mère et bébé de devenir trop proches ou attachés l’un à l’autre.



Bien loin de « créer un tyran », tenir votre bébé proche de vous lui donne un sentiment de sécurité émotionnelle.

Eviter de porter nos bébés peut être lié aux pensées de la vieille école de 1928, quand le psychologue comportementaliste connu Dr John B. Watson publia « The Psychological Care of Infant and Child », avec pour but de changer le cours de l’humanité et de faire des nourrissons des êtres indépendants. Selon sa théorie, à notre naissance nous sommes de simples ardoises vierges, ignorant ainsi toute programmation dûe à notre évolution ou toutes tendances biologiques innées, et que pour « former « un enfant indépendant il est nécessaire d’empêcher un bébé nouveau-né de créer des habitudes de dépendance. En d’autres mots, si vous tenez votre bébé il s’accrochera à vous et ne voudra jamais lâcher. Il aura besoin d’attention. Non seulement vous devriez vous refuser à porter votre bébé mais aussi à le câliner, l’embrasser ou le bercer. Si vous lui montrez de l’affection, il va en attendre.

Tant de nos parents et grand-parents ont été influencés par ce fil mécaniste de pensées, contraints par les experts à croire que s’ils prenaient leur bébé quand il pleurait cela les rendraient esclaves et ils créeraient des enfants tyrans. Malheureusement ce psychologue a eu un effet profond sur les opinions des pédiatres et leur façon d’agir et continue de s’insinuer dans les conversations entre mères et docteurs aujourd’hui (Montagu, 1986).

Le besoin évolutioniste de toucher

Le toucher est essentiel.

La plupart des mères se sentent toujours contrainte de poursuivre les deures méthodes d’éducation qui étaient inculquées à nos parents et nos grand-parents. Pourtant ces méthodes mécanistes ne datent pas d’il y a si longtemps. L’anthropologue James Mc Kenna déclare que garder nos bébés dans des dispositifs visant à les contenir plus souvent que dans nos bras les placent « à contresens de l’évolution ».

« Pratiquement la totalité de notre biochimie et de notre physiologie est programmé par les conditions de vie qui existaient quand nous vivions de chasse et de cueillette.
Notre culture a beau changer, notre besoin évolutioniste de toucher reste le même. Le cerveau des bébés a évolué pour s’attendre à de la proximité, à être porté pour leur sécurité, leur croissance psychologique, physique et mentale, pour aider et stabiliser leur processus physiologique et garder leur système immunitaire fort » (Field, 69-74). « Le toucher n’est pas un avantage émotionnel supeflu. Il est aussi nécessaire que l’air que nous respirons. » (Heller, 5).

Que les poussettes soient l’exception

Même si la plupart des parents occidentaux ne peuvent concevoir leur vie sans poussette, elles ne sont pas si délicates pour un nourrisson que l’on présume. Etre laissé seul sur le dos pendant de longues durées n’est pas ce pourquoi les êtres humains sont programmés. Etre allongé horizontalement pendant la petite enfance n’est ni plus facile ni moins éprouvant pour la colonne, le crâne ou le cou d’un nourrisson. Verticalement sur le corps de sa mère, celle-ci peut s’adapter aux mouvements de son bébé et vice-versa, bougeant tels des partenaires de danse. Les deux créent un rythme ensemble, physiquement et psychologiquement et bougent ensemble de façon synchronisée.



Faisons que le portage devienne la règle générale et les poussettes l’exception. Pas le contraire !

Même la plus moderne des poussettes ne peut fournir la chaleur que fournit le corps d’une mère, ni son odeur réconfortante, ses mouvements variés et les sensibles réponses maternelles qui sont si essentielles pour la croissance saine de son bébé et son développement, en particulier pendant une telle période critique où son cerveau se développe plus que dans n’importe quelle autre période de sa vie.
Aucun jouet ne peut égaler la joie procurée à un nourrisson par le visage de sa mère. Etre seul, à fixer le tissu que le fabricant a choisi pour recouvrir la poussette, n’est pas comparable à la richesse de l’environnement dont il fait l’expérience et qu’il observce de lui-même lorsqu’il traverse la journée en se déplaçant avec sa mère.

Les poussettes ne sont pas mauvaises en soi.

Pour aller plus loin, le portage et les poussettes n’ont pas besoin d’être mutuellement exclusifs du moment que le nourrisson est heureux et que l’on répond aux signaux qu’il envoie lorsqu’il a besoin d’être tenu (en position assise et faisant face à sa mère est préférable pour encourager les interactions et la communication) (Zeedyk, 2008).


Conclusion

Allonger les bébés à plat dans une poussette n’est pas la meilleure option pour leur cou, leur colonne, leurs hanches ou leur esprit. Etre porté est ce que la nature a voulu pour les bébés. La position verticale avec un soutien adéquat des jambes est la position préférable pour votre nourrisson et est assez délicate pour ne pas éprouver physiquement même de tout petits bébé de 1,5kg.
Une mère devrait faire confiance à ce que son cœur lui dit. En tenant son bébé proche de son cœur, non seulement elle choisira la méthode la plus bénéfique et celle qui le soutienne le plus physiquement afin d’emmener bébé avec elle, mais elle lui procurera également l’environnement optimal pour sa croissance psychologique et émotionnelle.

Par Elizabeth Antunovic


Sources :

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